L'ECCLESIASTE


Aller au contenu

Menu principal:


Intolérance, sectarisme et fanatisme.

SOCIETE

Voilà trois mots paraissant bien loin de nos idéaux humanistes dont se revendique notre civilisation occidentale, pourtant il suffit parfois de peu, on l'a vu lors de la guerre en ex Yougoslavie (1999-2001) si proche de chez nous, pour que renaissent les démons que l'on croyait disparus. Gardons nous au fin fond de notre cerveau un peu de ce germe monstrueux qui parsème parfois insidieusement nos rapports humains, jusqu'au prochain conflit intercommunautaire ?

INTOLERANCE :
Refus d'admettre l'existence d'idées, de croyances ou d'opinions différentes des siennes. (Le sujet va jusqu'à persécuter ceux qui les soutiennent.)

SECTARISME :
Du latin secare " couper " ( que l'on retrouve dans sécateur) mais aussi sequi " suivre ". Attitude intransigeante de partisans intolérants d'une opinion.

FANATISME :
Emprunté au latin fanaticus , inspiré, en délire, comme étaient les prêtres de Bellone
( épouse de Mars et déesse de la guerre à Rome) lors de leurs prédictions furieuses et extravagantes, issu de fanum " sanctuaire ".
On a appelé pour cette raison, fanatique, celui qui se croyait transporté d'une fureur divine et s'imaginait avoir des révélations.


Ces trois définitions ne peuvent que conduire leurs partisans à une attitude comportementale conséquente : une réduction dramatique du champ de la conscience, accompagné d'un obscurantisme moral rejetant toute considération et respect de pensée et de sensibilité d'autrui, jusqu'à perpétrer des actes contraires aux droits fondamentaux de l'homme.
Il y eut dans l'histoire maints exemples de fanatisme religieux ou politique, qu'il ait été catholique durant des siècles, nazi ou communiste plus récemment et depuis quelques années, musulman dans bien des contrées de notre monde.
Mais sans en arriver aux extrémités historiques que nous évoquons, ni celles évidentes que nous imposent les médias, le principe du fanatisme peut se cacher bien insidieusement en chacun d'entre nous.



Voici quelques signes révélateurs de mon état d'esprit:

Si j'ai une conviction, je suis certain d'avoir raison, m'est-il aisé:
- D'admettre que l'idée que je défends passe pour inappropriée pour quelqu'un d'autre et qui me croit sincèrement dans l'erreur.
-D'admettre que, du moment où je crois avoir raison, un autre puisse croire que je me trompe….
-D'admettre que là où je crois qu'un autre est dans l'erreur, il ait le droit de penser qu'il a raison….
Etonnant non ? et combien la gymnastique de ces trois remarques demande de la concentration tant elle est si peu habituelle, n'est ce pas ?
J'avoue avoir du les relire plusieurs fois ! ( comme vous ?) L'ériger en automatisme se révèle une honorable prouesse !
Cela n'empêche nullement d'avoir ses convictions ni de les défendre.

Mais il y a plus fort que la tolérance, qui n'est que de supporter l'idée de l'autre (plus ou moins patiemment ?). Au-delà de celle-ci peut éclore en effet l'acceptation, la reconnaissance mutuelle du droit à la pensée différente, donnant à tout rapport humain une perspective encore remarquablement insolite sur notre planète. Pourtant, quelle sagesse, quelle paix apporterait dans toutes nos relations un tel degré d'ouverture d'esprit !

Et si nous appliquions le droit à la pensée différente à celui du mode de vie différent ?
Alors là, avouons-le, dès que l'on glisse de la théorie à la pratique tout se complique car les limites du droit varient en fonction de bien des facteurs.
Ainsi, accepteriez vous aisément qu'une ablation chirurgicale soit effectuée contre la volonté de l'intéressé, un de vos enfants par exemple ? Présenté ainsi je suis certain de la réponse négative de beaucoup. Pourtant les israélites et musulmans mutilent irréversiblement leurs nouveaux nés lors de la circoncision….sans leur demander leur avis évidemment. Intolérance, sectarisme et fanatisme parental?
Accepteriez vous aisément que l'on impose à un enfant des son jeune âge des idéaux politiques ou religieux? Je ne suis pas certain que les réponses soient unanimes… Pourtant beaucoup de jeunes innocents baignent dès leur tendre enfance dans des milieux fortement orientés….Intolérance, sectarisme, fanatisme et parental?




S'il est donc déjà mentalement acrobatique de pratiquer l'acceptation entre adultes, nous voyons combien transmettre nos valeurs personnelles à nos enfants peut se faire dans l'irrespect total de leur personne.
J'en veux pour preuve les déceptions familiales, parfois les rejets, lorsque les enfants se libèrent de tutelles idéalistes imposées.
Que ce soit en matière de choix professionnel, relationnel, religieux, politique, sexuel, social, la liberté de chacun demeure respectable.
Nos idéaux sont parfois tellement imprégnés de dogmatismes péremptoires, irrévocables, que nous les imposons, avec amour et de bonne foi à tous ceux qui gravitent dans notre zone d'influence, démontrant ainsi que l'intolérance, le sectarisme voir le fanatisme n'est pas mort en nous.


Il est un droit, mais aussi un devoir, que nous devons revendiquer pour nous même et transmettre dans notre entourage, c'est celui de la liberté mutuelle. Je précise " mutuelle " car chacun sait que prendre ma liberté peut devenir une gène pour l'autre.
Il est bon de rappeler à tous ceux qui, dans leurs pratiques sportives, politiques, religieuses, artistiques, etc, sortent du cadre privé, stades, salles de meeting, lieux de culte, expositions, etc, pour déborder ostentatoirement sur la voie publique et obliger l'autre à supporter malgré lui des coutumes, des rites, entendre un discours, un hymne, ou tout autre débordement fut-il bon enfant.
N'a-t-on pas vu même récemment un cortège de mariés bloquer ainsi une autoroute ? Car malheureusement, il arrive que celui qui revendique la tolérance pour ses libertés y voit un moyen d'imposer à tous son propre sectarisme.

Si notre France républicaine et laïque enseigne et tente de pratiquer l'acceptation mutuelle de l'autre, il nous reste à tous de vivre cette notion frêle et complexe de la liberté dans notre propre entourage nous posant honnêtement les questions suivantes :
Ce que j'enseigne, l'orientation que j'imprime chez les miens sont-ils réversibles ?
Mes proches, famille, collègues, amis, voisins, ne sont-ils pas victimes d'un de mes comportements ostentatoires ?
N'ais je pas tendance à imposer en permanence ma pratique religieuse, mes musiques, mes slogans autour de moi ?
Suis-je moi-même respectueux envers ceux à qui je demande de respecter mes choix ?
Considérer attentivement cela, limiterait j'en suis certain, bien des troubles névrotiques ou des attitudes agressives, visibles dans nos villes, liées à une image mal acceptée par un entourage qui se voudrait pourtant amical ou aimant.
Si nous aimons la liberté, acceptons que les autres, y compris nos propres enfants, aient droit à la liberté de choix; encore faudrait-il accepter de leur enseigner que notre mode de pensée, nos choix en matière de religion, de politique ou de toute autre orientation de vie nous sont personnels et qu'ils doivent découvrir et développer leurs propres inclinaisons.
Dans la liberté et le respect résident l'épanouissement, ce sont là les principes même de l'amour

Page d'accueil | ACTUALITE | PSYCHOLOGIE | SOCIETE | SPIRITUALITE | LES ECRITS SACRES | RECITS DIVERS | Plan du site


reflexions humanistes et spirituelles | serries.claude@orange.fr

Retourner au contenu | Retourner au menu